Tarot, astrologies , Wicca et féminin sacré : quand les archétypes se réinventent en images
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Quand les archétypes se réinventent : naissance d’un jeu astrologique
Il y a des projets qui se construisent autour d’un cahier des charges précis. Et puis il y a ceux qui naissent d’une rencontre.
Celui-ci est né presque par hasard, au cours d’un stage de deux semaines, dans l’atelier Kartograme. Une rencontre entre deux univers créatifs, deux générations, deux sensibilités, et surtout une même curiosité pour le symbolisme, les images et la transformation de la matière.

Une rencontre à l’origine du projet
Lilas était alors étudiante à l’ENSAAMA, l’une des grandes écoles d’art parisiennes. Elle est venue à l’atelier avec un book qui témoignait déjà d’un univers très personnel : un travail du sensible, une grande maîtrise du dessin et une certaine audace dans la représentation des corps et des émotions.
Elle souhaitait découvrir mon univers, mon artisanat de la carte à jouer et surtout le travail de transformation de la matière.
De mon côté, j’aime particulièrement accueillir de jeunes créatifs et leur transmettre ce savoir-faire artisanal. Mais je savais aussi que Lilas était avant tout attirée par la création graphique, les cartes, les images et les possibilités offertes par leur mise en scène.
Le projet est donc né dans un contexte assez inhabituel.
Au tout début de son stage, une urgence m’a obligée à quitter l’atelier quelques heures. Impossible, dans ces conditions, de lui proposer une initiation complète à la fabrication artisanale des cartes. Je lui ai simplement laissé une collection de jeux, des livres consacrés aux tarots et une consigne très ouverte :
« J’aimerais proposer des cartes qui représentent les signes astrologiques en relation avec les arcanes du tarot. »
Pas de cahier des charges. Pas de direction artistique précise. Carte blanche.
Et c’est précisément cette liberté qui allait donner au projet son caractère unique.

Des archétypes anciens, des corps contemporains
À mon retour, les premiers dessins étaient là.
J’ai immédiatement compris que Lilas avait trouvé dans ce projet un véritable espace d’expression.
Son dessin établissait un dialogue étonnant entre la matière, le trait et le symbole. Des lignes extrêmement fines côtoyaient des ombres plus épaisses, parfois volontairement essuyées, laissant apparaître la texture du papier.
Mais ce sont surtout les personnages qui ont donné au projet sa singularité.
Les archétypes traditionnels apparaissaient sous des traits androgynes, tatoués, percés, avec des visages marqués et des corps qui semblaient porter une histoire. Loin des représentations figées auxquelles les images symboliques peuvent parfois nous avoir habitués, ces personnages semblaient appartenir à notre époque.
Le premier archétype fut celui de la Vierge Impératrice, représentée enceinte.
Elle est généreuse, puissante, profondément vivante. Les blés, la couronne, le voile et les bijoux deviennent autant de signes autour de son corps : une véritable constellation de symboles évoquant la fécondité, la création et le lien au vivant.
En quelques heures, Lilas avait posé les bases d'un univers à la fois fantastique, symbolique et résolument contemporain.

Entre tarot, astrologie et symbolisme
Pour construire les correspondances entre les personnages et les signes astrologiques, nous nous sommes naturellement tournées vers plusieurs traditions du tarot, notamment le Tarot de Thoth et les œuvres d'Oswald Wirth.
Le projet s'inscrit ainsi dans une histoire beaucoup plus vaste.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les occultistes avaient profondément renouvelé la lecture des anciens tarots, en faisant dialoguer les images avec l’hermétisme, la Kabbale, la numérologie, l’alchimie, l’astrologie et différentes traditions religieuses et ésotériques.
Lilas apportait également ses propres références, notamment autour de la Wicca, des rites liés à la nature et de la notion contemporaine de féminin sacré.
Il ne s'agit pas ici de reproduire une tradition ou d'en revendiquer une filiation directe. Ce qui nous intéressait était plutôt la manière dont ces différents imaginaires pouvaient entrer en résonance.
Car les symboles ne sont jamais complètement immobiles.
Ils traversent les époques, changent de forme, se chargent de nouvelles expériences.

Une fresque plutôt qu'une collection de cartes
L'une des grandes originalités du projet est née d'une décision presque instinctive.
Plutôt que de dessiner chaque carte séparément dans son cadre traditionnel, nous avons choisi de partir de l'ensemble.
Une immense feuille de papier de 120 × 80 cm est devenue le territoire de création de Lilas.
Chaque personnage, destiné à devenir une carte, a ainsi été pensé comme une partie d'une composition beaucoup plus vaste.
La feuille s'est progressivement transformée en fresque.
Les personnages émergent d'une matière en mouvement : feuillage, eau, feu, rivière, lune, soleil, étoiles, éther… Même l'air semble circuler entre les figures.
Cette approche change profondément la perception du jeu.
Chaque carte possède son identité propre, mais elle appartient aussi à un ensemble vivant, où les personnages, les éléments naturels et les symboles se répondent.
Le jeu devient alors plus qu'une succession d'images : il devient un univers graphique cohérent.

Deux semaines pour faire naître un monde
La création de la fresque s'est déroulée en seulement deux semaines.
Lilas a avancé avec une régularité presque étonnante, en enchaînant les étapes comme on enfilerait des perles : dessin après dessin, détail après détail, jusqu'à ce que l'ensemble prenne forme.
Cette rapidité ne signifie pas que le projet fut simple.
Au contraire, elle témoigne d'une forme d'évidence créative. Comme si, une fois le langage graphique trouvé, les images savaient déjà où aller.
Puis est venu le temps de l'après.
Car entre la création d'une œuvre et sa transformation en jeu de cartes, il existe tout un travail de conception, de sélection, de composition, de reproduction et de fabrication, notamment la création par Lilas d'une police de caractères pour le projet.
Le travail éditorial et artisanal fut en quelque sorte une seconde naissance.

La modernité des archétypes
Ce qui rend ce projet particulièrement singulier est peut-être là : il ne cherche pas à moderniser artificiellement les symboles anciens.
Il les laisse simplement rencontrer notre époque.
Les archétypes apparaissent avec des corps différents, des identités moins figées, des silhouettes qui échappent aux catégories traditionnelles. Ils peuvent être masculins, féminins, androgynes ; puissants, vulnérables, sensuels, mystérieux.
Cette représentation ouvre un espace où chacun peut projeter sa propre expérience.
Le symbolisme reste profondément présent, mais il n'est plus enfermé dans une iconographie historique.
Les images parlent de transformation, d'identité, de création, de nature, de conscience et d'évolution.
Les archétypes ne disparaissent pas : ils évoluent avec nous.

Une création née de la collaboration
Ce jeu est avant tout le résultat d'une collaboration artistique.
Il est né d'un dialogue entre une jeune artiste et un atelier d'artisanat, entre transmission et liberté, entre connaissance des traditions et regard contemporain.
C'est aussi ce qui fait son unicité.
Lilas a apporté son univers graphique, son intuition et sa sensibilité. Kartograme a apporté ses inspiration en terme d'astrologie son expérience du Tarot de la carte à jouer, de la matière, de la fabrication et de la transformation d'une œuvre en objet éditorial.
Le résultat n'est donc ni une simple reproduction d'un tarot existant, ni une réinterprétation académique des signes astrologiques.
C'est une création nouvelle, née d'un espace de liberté, d'une rencontre et d'un dialogue entre plusieurs imaginaires.

Une nouvelle inspiration pour Kartograme
Avec ce projet, Kartograme accueille une nouvelle source d'inspiration.
Elle plonge ses racines dans les courants artistiques et symboliques du XXe siècle, dans l'héritage de l'occultisme et dans les multiples transformations de l'imaginaire ésotérique contemporain.
Mais elle regarde surtout vers aujourd'hui.
Car notre société change, et avec elle notre manière de nous représenter.
Les archétypes évoluent, leurs postures se transforment, leurs corps aussi. De nouvelles sensibilités apparaissent et certaines prises de conscience individuelles commencent à trouver leur place dans nos images, nos récits et nos objets.
C'est peut-être précisément ce que permet le jeu de cartes : faire circuler les symboles entre les époques.
Prendre des images anciennes, les regarder autrement et leur permettre de continuer à vivre.
C'est dans cet espace, entre tradition et création contemporaine, entre symbolisme et artisanat, que ce projet a trouvé sa place chez Kartograme.
Le jeu des 12 cartes astrologiques est disponible à parti du 21 Septembre 2026.
les 12 cartes astrologique individuelles seront disponibles à partir du 28 Septembre 2026